Si le 12 août dernier nous a offert un spectacle astronomique majestueux, un autre phénomène céleste singulier aura lieu dans la nuit du 28 août 2026 : une éclipse lunaire partielle. Ce jour-là, la pleine Lune entrera dans l'ombre de la Terre, assombrissant une grande partie de son disque et offrant une image que peu de personnes ont eu l'occasion d'observer.
Comment cela se produit-il ?
Une éclipse lunaire se produit lorsque la Terre s'interpose entre le Soleil et la Lune, projetant son ombre sur le satellite. La pleine Lune « disparaît » progressivement en entrant dans l'ombre (la partie centrale du cône d'ombre) et s'assombrit. Cela se produit parce que la pleine Lune se trouve juste derrière la Terre, à l'opposé du Soleil.
Pourquoi cela n'arrive-t-il pas tous les mois ?
Beaucoup de gens se posent la même question : si les éclipses solaires ont lieu à la nouvelle Lune (quand celle-ci se trouve entre le Soleil et la Terre) et les éclipses lunaires à la pleine Lune (quand elle se trouve derrière la Terre par rapport au Soleil), pourquoi n'avons-nous pas d'éclipses tous les mois ?
Image : phases de la Lune selon sa position par rapport à la Terre et au Soleil.
La raison est simple, et il suffit d'un peu de visualisation géométrique pour la comprendre. L'orbite de la Lune autour de la Terre et l'orbite de la Terre autour du Soleil se situent dans des plans différents. Les deux plans sont inclinés d'environ 5° l'un par rapport à l'autre : les trois astres ne sont donc pas toujours alignés et l'ombre de la Terre tombe à côté de la Lune, et inversement. Ce n'est que lorsque la Lune, au fil de son orbite, passe par la ligne des nœuds (là où les deux plans se croisent) que la Terre, le Soleil et la Lune réunissent les conditions d'une éclipse. Il faut également que cette ligne des nœuds pointe vers le Soleil. La figure suivante illustre ce que nous venons d'expliquer :

Image : schéma des plans orbitaux Terre-Soleil et Lune-Terre. L'ombre de la Lune ne tombe pas toujours sur la Terre (et inversement) parce que les conditions ne sont pas toujours réunies. Crédit : Instituto de Astrofísica de Canarias (IAC).
Deux éclipses en un seul mois. Un hasard ?
En réalité, non. Le plus fréquent est même qu'une éclipse de Lune succède à une éclipse de Soleil, et inversement. Avec cette éclipse de Lune, nous traversons la dernière phase de la même saison d'éclipses, qui a débuté avec l'éclipse totale de Soleil du 12 août. À chaque saison d'éclipses, les conditions que nous venons de voir sont réunies et permettent à ces phénomènes de se produire. Cela arrive environ une fois par semestre et dure quelque 35 jours. S'il y a une nouvelle Lune à cette période, il y aura une éclipse solaire. Environ deux semaines plus tard, à la pleine Lune, se produit l'éclipse lunaire.
Horaires et visibilité aux Canaries
L'éclipse partielle de Lune débutera dès le petit matin du vendredi 28 août. Aux Canaries (UTC+1 en été), les moments clés sont les suivants :
02:24 → Début de la phase de pénombre. La Lune entre dans l'ombre extérieure, ce qui produit un léger assombrissement.
03:34 → Début de la phase partielle. La Lune commence à entrer dans l'ombre : la « morsure » terrestre devient visible.
05:13 → Maximum de l'éclipse (pic d'occultation partielle).
06:52 → Fin de la phase partielle (la Lune sort de l'ombre).
Aux Canaries, la Lune se couchera après la fin de l'éclipse partielle (vers 7:00), contrairement au centre et à l'est de la péninsule, où elle se couchera plus tôt. Ainsi, sur les îles, la phase partielle sera visible en entier. Pendant l'éclipse, la Lune se déplacera vers l'horizon ouest-sud-ouest ; au moment du maximum, elle se trouvera à environ 30° de hauteur aux Canaries, et se couchera près de l'ouest.
Côté couverture géographique, elle sera visible depuis toute l'Espagne, mais aussi dans une grande partie de l'Europe, de l'Afrique, de l'Amérique et de l'Asie occidentale. Aux Canaries, nous pourrons observer l'éclipse avec la Lune encore haute dans le ciel et profiter de toute la phase partielle sans que l'astre disparaisse au milieu de l'événement.
Quel pourcentage d'occultation vais-je observer ?
Une curiosité : inutile de se demander quel pourcentage de la Lune sera occulté. Contrairement à une éclipse solaire, le pourcentage d'occultation sera le même où que l'on se trouve. Dans ce cas, nous aurons une éclipse partielle (la Lune ne sera pas totalement obscurcie) de magnitude (fraction du diamètre lunaire couverte) 0,93 (93 % d'occultation).

Comment l'observer ?
Voici quelques conseils utiles :
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Le lieu. Cherchez un endroit avec un horizon dégagé vers l'ouest-sud-ouest, car la Lune se déplacera dans cette direction à l'approche de l'aube.
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L'équipement. Vous pouvez éventuellement utiliser des jumelles ou un petit télescope pour apprécier des détails supplémentaires : les montagnes et les cratères lunaires, et même la légère teinte rougeâtre de la partie éclipsée. Pendant la phase partielle (et surtout au maximum), la zone située dans l'ombre peut prendre des tons rougeâtres ou cuivrés, car l'atmosphère terrestre filtre la lumière bleue et réfracte la rouge vers la Lune (le même effet qui colore le Soleil en rouge au lever du jour).
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Aucune protection nécessaire. Contrairement à une éclipse solaire, pour cette éclipse lunaire il n'est pas nécessaire de porter des lunettes. La lumière de la Lune ne présente aucun risque pour la vue.
En résumé, l'éclipse lunaire du 28 août sera facile à observer : il vous suffira de regarder la Lune à ces horaires et de laisser vos yeux profiter du spectacle.
Pour conclure
Cette éclipse lunaire vient clore un mois d'août extraordinaire dans le ciel. Le 12 août, nous avons vécu une éclipse solaire (totale sur la péninsule) et, deux semaines plus tard, la pleine Lune du 28 août referme le cycle astronomique du mois avec cette éclipse partielle. En planifiant votre observation selon les horaires locaux aux Canaries et en suivant les consignes de sécurité mentionnées, vous pourrez contempler ce phénomène lunaire mémorable depuis les îles.